close

  • Być wiernym Ojczyźnie mej, Rzeczypospolitej Polskiej

     

  • KOMENTARZE I SPROSTOWANIA

  • 18 maja 2018

    Ambasada reaguje na reportaż France 3 "Pologne: le mal est fait" z dnia 16 maja 2018.

    C’est avec beaucoup de tristesse que je souhaite réagir au reportage  «Pologne : le mal est fait» diffusé le 16 mai sur France 3, dans lequel vous commentez la situation de l’état de droit en Pologne, la situation de la presse polonaise, ainsi que l’amendement à la loi sur l’Institut de Mémoire Nationale. Dans votre émission sont apparus plusieurs inexactitudes sur la politique polonaise. Votre thèse présentée sur la menace systémique planant sur la démocratie en Pologne est simplement sans fondement.

     

    Au premier lieu, je souhaite souligner que le développement de la société civile est l’un des objectifs du gouvernement en place. Il convient de rappeler que la loi en Pologne ne limite pas le droit de chacun d'organiser des rassemblements publics, n'introduit pas de règles discriminatoires et n'accorde aucun traitement spécial à un groupe social donné. Les partisans du parti au pouvoir, ainsi que ses opposants utilisent pleinement leur droit à manifester et à exprimer leurs opinions. Je tiens à préciser que les réformes et les initiatives législatives liées aux différentes sphères du fonctionnement de l'État sont mises en œuvre conformément à la législation en vigueur en Pologne, tout en respectant pleinement les principes de légalité, de l'État de droit et du droit de l'UE.

     

    Concernant votre inquiétude par rapport à la réforme de la justice, je tiens à préciser que les modifications proposées sont conformes aux normes de l'UE, au principe de séparation des pouvoirs et aux dispositions de la Constitution de la République de Pologne.

     

    Cela vaut également pour la situation des médias polonais. Je souligne que leur liberté n’est pas menacée, comme vous suggérez en parlant de la « manipulation » de la télévision nationale.  Parlant de la domination de la presse gouvernementale dans votre reportage, tout en montrant l’accessibilité des journaux de gauche (comme Polityka et Tygodnik Powszechny) vous-même vous manipulez votre public. Il convient de mentionner que la majorité des médias en Pologne appartient à des groupes privés (dont étrangers) et le gouvernement n’exerce pas de contrôle sur ces médias.

     

    La liberté, l’égalité, la justice et la souveraineté sont les valeurs que les Polonais apprécient le plus. Pendant des années nous nous sommes battus pour la liberté et  la souveraineté et le débat ouvert sur ce sujet dans le pays. Nous constatons avec regret qu’en s’appuyant sur une image incomplète de la situation politique en Pologne, l’état de la liberté d’expression dans notre pays est de temps en temps présentée d’une manière déformé et tendancieuse. Nous espérons que les arguments avancés contribueront à vous sensibiliser à la nécessité d'éviter la multiplication d'opinions stéréotypées sur la Pologne.

     

    Pour revenir au sujet de l’amendement à la loi sur l’Institut de la Mémoire Nationale, la loi en question ne remet pas en cause les faits historiques comme vous le suggérez en utilisant l’expression «réécriture de l’histoire ». La Pologne, comme tous les autres pays, a le devoir de lutter contre les manipulations historiques, la dilution de la culpabilité ou le fait de la faire reposer sur d’autres car c’est en conservant la vérité et en transmettant la connaissance à propos du passé que nous rendons hommage aux victimes de l’Holocauste.

     

    L’adoption de la loi résulte surtout du besoin d’éliminer les comportements consistants à attribuer à la Pologne ou à la nation polonaise dans sa totalité, publiquement et contrairement aux faits, la responsabilité ou la coresponsabilité collective des crimes nazies commis par le Troisième Reich, ce que vous-même suggérez dans votre reportage. C’est une manipulation historique et nous considérons que nous avons le droit de lutter contre cette falsification de la vérité historique.

     

    Certes, l’état polonais n’était pas en mesure d’empêcher la tragédie d’Holocauste, tout comme il n’a pas empêché la mort de six millions de ses citoyens pendant la Deuxième Guerre Mondiale ou la destruction totale de Varsovie pendant la Résurrection de Varsovie. Il faut toutefois souligner que contrairement à ce qui s'est déroulé dans bien des états européens, il n'y a pas eu de gouvernement de collaboration en Pologne occupée et les individus qui collaboraient avec les Allemands, y compris ceux qui ont aidé à persécuter des Juifs, étaient, lorsque cela était possible, pourchassés et condamnés à mort par l'État clandestin polonais. Malgré cela, de très nombreux Polonais ont risqué leurs vies et celles de leurs familles pour aider leurs voisins juifs. L'État souterrain polonais a par ailleurs envoyé des émissaires pour alarmer l'Occident sur les crimes commis à l’égard des citoyens juifs. Mais les missions de résistants tels que Jan Karski ou Witold Pilecki se sont alors heurtées à l’incrédulité et au déni des Occidentaux qui ne sont pas venus en aide.

     

    Pour ce qui concerne les propos sur « libération de parole antisémite », je voulais insister que la Pologne est depuis la chute du communisme ouverte à un débat honnête au sujet de l'Holocauste et des relations polono-juives pendant la Seconde Guerre mondiale et restera impliquée dans la lutte contre l'antisémitisme. Le président et le gouvernement polonais ont à plusieurs reprises condamné clairement et fortement l’antisémitisme. Comme l’a dit récemment le président du parti au pouvoir en Pologne, Jaroslaw Kaczyński : "L'antisémitisme est une maladie diabolique de l'âme et de l'esprit, nous devons fermement le rejeter." Il faut aussi noter que malgré des incidents antisémites isolés qui ont malheureusement toujours lieu dans tous les pays européens, ce phénomène touche la Pologne beaucoup moins que la plupart des pays d’Europe occidentale, sans même parler des actes de violence physique dirigés contre la communauté juive, qui seraient inimaginables en Pologne.

     

    Nous regrettons que votre reportage consacré à la Pologne ne donne pas une image complète de la situation en Pologne et du débat ouvert en cours dans le pays et contient plusieurs manipulations. Nous espérons que les arguments ici avancés contribueront à sensibiliser la rédaction à la nécessité d'éviter la multiplication d'opinions stéréotypées sur la Pologne.

     

     

     

     

                                                                                                           Tomasz MAJCHROWSKI

                                                                                                           Ministre-Conseiller

    Drukuj Drukuj Podziel się treścią: