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  • KOMENTARZE I SPROSTOWANIA

  • 1 marca 2018

    Radca Minister Ambasady RP w Paryżu odpowiada na artykuł l'OBS «La Pologne face à ses démons ».

    Je vous contacte à propos de votre article intitulé «La Pologne face à ses démons » publié dans le magazine l’OBS cette semaine, dans lequel vous commentez la politique mémorielle de la Pologne et plus précisément, l’amendement à la loi polonaise sur l’Institut de la Mémoire Nationale.

     

    Je voulais vous remercier d’avoir souligné dans votre article les faits permettant aux lecteurs français de mieux comprendre la complexité historique de notre pays et jetant plus de lumière sur les motivations de l’actuelle politique mémorielle polonaise. Je suis reconnaissant que vous évoquiez dans votre publication les immenses pertes de la population polonaise  pendant la deuxième guerre mondiale, ainsi que les héros de la Résistance polonaise comme Jan Karski.

     

    Cependant,  dans votre article il y a des propos concernant la politique mémorielle de Pologne avec lesquels je ne peux pas être d’accord.  Cela concerne en premier lieu la phrase « le gouvernement nationaliste au pouvoir entend mettre l’Histoire sous tutelle », dans laquelle vous insinuez que le gouvernement polonais manipule l’histoire. Je tiens à souligner que la politique historique du gouvernement polonais n’est pas une politique de l’oubli dirigée contre la vérité historique, mais au contraire une politique de la mémoire. La Pologne, comme tous les autres pays, a le devoir de lutter contre les manipulations historiques, la dilution de la culpabilité ou le fait de la faire reposer sur d’autres car c’est en conservant la vérité et en transmettant la connaissance à propos du passé que nous rendons hommage aux victimes de l’Holocauste. L’adoption de la loi résulte surtout du besoin d’éliminer les comportements consistants à attribuer à la Pologne ou à la nation polonaise dans sa totalité, publiquement et contrairement aux faits, la responsabilité ou la coresponsabilité collective des crimes nazies commis par le Troisième Reich. Nous considérons que nous avons le droit de lutter contre la falsification de la vérité historique.

     

    Votre constatation que « les temps de la liberté, de la critique et de l’apaisement semblaient advenus en Pologne » et que « les ultra conservateurs-nationalistes religieux qui ont pris les commandes de ce grand pays viennent d’y mettre fin » me parait abusive. Les dispositions de cette loi constatent, de manière très explicite dans l’article 55a ust.3, que la liberté de la recherche, la liberté du débat historique et les activités artistiques ne seront pas limités, et ne seront pas passibles de sanctions. Ne sera non plus sanctionnée la dénonciation des cas honteux des crimes commis par des individus concrets.

     

    Concernant vos propos sur « la Pologne indiscutablement gangrenée par un antisémitisme virulent » pendant la guerre, je suis d’accord qu’il faut condamner tous les cas d’antisémitisme qui ont eu lieu pendant cette période, partout en Europe. Il faut toutefois souligner que contrairement à ce qui s'est déroulé dans bien des états européens, il n'y a pas eu de gouvernement de collaboration en Pologne occupée, et les individus qui collaboraient avec les Allemands, y compris ceux qui ont aidé à persécuter des Juifs, étaient, lorsque c'était possible, pourchassés et condamnés à mort par l'État clandestin polonais. En dépit du fait que sur le territoire polonais occupé, et au contraire de la situation en Europe occidentale, toute aide et tout soutien apportés à des Juifs étaient automatiquement punis de mort par les nazis, de très nombreux Polonais ont risqué leurs vies et celles de leurs familles pour aider leurs voisins juifs. Ce dont témoigne le fait, que vous d’ailleurs rappelez vous-même, que les Polonais sont les plus nombreux à avoir reçu le titre de Juste parmi les Nations.

     

     

    Tomasz Majchrowski

    Ministre-Conseiller

     

     

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