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  • KOMENTARZE I SPROSTOWANIA

  • 23 lutego 2018

    Ambasada RP w Paryżu podjęła interwencję w sprawie artykułu "En Pologne, l'histoire sous tutelle" opublikowanego na stronie internetowej Le Monde dnia 23 lutego.

    Je souhaite réagir fermement à la tribune « En Pologne, l'histoire sous tutelle », publiée le 22 février sur le site web du Monde, qui est, de nouveau, truffée d'affirmations mensongères et blessantes à l'égard de la Pologne et des Polonais, comme l'affirmation suggérant que l'État polonais aurait une responsabilité dans le génocide de nos concitoyens Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ou que le gouvernement polonais actuel tente de réécrire l'histoire. Je voudrais dans ce contexte rappeler certains faits.

     

    L'objet de la modification de la loi adoptée par la Diète est de lutter contre les comportements consistants à attribuer à la Pologne ou à la nation polonaise dans sa totalité la responsabilité ou la coresponsabilité collective des crimes nazis commis par le Troisième Reich, car en effet pendant l'occupation allemande de la Pologne personne n'a collaboré avec des Allemands au nom de l'État polonais et au nom de la nation polonaise, contrairement à ce qui se passaient dans d'autres pays européens. Sont visées avant tout des expressions offensantes et contraires à la réalité historique telles que "camps de la mort polonais" qui peuvent suggérer à tort que les Polonais seraient responsables de "l'industrie de mort" allemande qui a été mise en place par le Troisième Reich suite à la conférence de Wannsee. En dépit de ce que suppose M. Gradvohl, ces occurrences ne sont pas rares et ne se cantonnent pas à « quelques déclarations ». Depuis des années les représentations diplomatiques polonaises interviennent inlassablement de par le monde pour contrer ces formulations qui véhiculent dans le contexte médiatique actuel un fort pouvoir de nuisance.

     

    Je tiens à souligner que l'activité scientifique, historique et artistique sont, contrairement à ce que prétend M. Gradvohl, explicitement exclues du champs d'application de la loi en question. Cette disposition a été ajoutée au projet de la loi justement pour qu'il soit absolument clair qu'elle ne menace en aucune façon la liberté de recherche des historiens et des chercheurs ou celle de création des artistes. Ne sera non plus sanctionnée la dénonciation des cas de crimes — y compris de dénonciation de Juifs — commis par des individus. Il est par ailleurs dommage de citer les mots du premier ministre polonais en les sortant de leur contexte, en oubliant que dans une interview accordée il y a quelques jours au quotidien allemand "Die Welt't, Mateusz Morawiecki a souligné que "dans les conditions épouvantables de l'occupation en Pologne il y a eu des centaines, des milliers de personnes qui ont commis des crimes, par exemple en dénonçant des Juifs", mais également que "des projets communs de recherches devraient voir le jour afin de connaître le nombre de cas de la sorte".

     

    La Pologne est depuis la chute du communisme ouverte à un débat honnête au sujet de l'Holocauste et des relations polono-juives pendant la Seconde Guerre mondiale et restera impliquée dans la lutte contre le négationnisme et l'antisémitisme. Comme Ila récemment dit le président du parti au pouvoir en Pologne, Jarostaw Kaczyóski: "L'antisémitisme est une maladie diabolique de l'âme et de l'esprit, nous devons fermement le rejeter."

     

    Il est toutefois essentiel de rappeler le contexte de l'occupation allemande de la Pologne. Les amalgames tels que les camps polonais, ou le fait de rendre l'État polonais responsable ou coresponsable de la Shoah, comme semble le faire M. Gradvohl, sont particulièrement blessants pour une nation marquée lors de la Seconde Guerre mondiale par une immense souffrance.

     

    Ce conflit et les six années d'occupation allemande ont emporté plus de 6 millions de citoyens polonais (près de 200/0 de sa population), dont 3,2 millions de nos concitoyens juifs et la Pologne a indiscutablement subi les plus grandes pertes humaines et matérielles d'Europe. En dépit du fait que sur le territoire polonais occupé, et au contraire de la situation en Europe occidentale, toute aide et tout soutien apportés à des Juifs étaient automatiquement punis de mort par les nazis, de très nombreux Polonais ont risqué leurs vies et celles de leurs familles pour aider leurs voisins juifs. Ils représentent d'ailleurs la part la plus importante de Justes parmi les nations.

     

    Contrairement à ce qui s'est déroulé dans bien des états européens, il n'y a pas eu de gouvernement de collaboration en Pologne occupée, et les individus qui collaboraient avec les Allemands, y compris ceux qui ont aidé à persécuter des Juifs, étaient, lorsque c'était possible, pourchassés et condamnés à mort par l'État clandestin polonais. Ce dernier a également soutenu le Conseil d'aide aux Juifs "Žegota", seule organisation de ce type dans toute l'Europe occupée. L'État clandestin a par ailleurs envoyé des émissaires pour alarmer l'Occident sur les crimes commis à l'égard les citoyens juifs. Mais les missions de résistants tels que Jan Karski ou Witold Pilecki se sont alors heurtées à l'incrédulité et au déni.

     

    L'intention des autorités polonaises n'est donc pas de « réécrire l'histoire », mais au contraire, de conserver la vérité en luttant contre les manipulations historiques, la dilution de la culpabilité ou les amalgames qui peuvent induire en erreur et faire le jeu des négationnistes.

     

    Tomasz Majchrowski, Ministre Conseiller

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