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  • 27 septembre 2018

    Le vice-amiral de la Marine polonaise Jozef Unrug, héros militaire de la Seconde Guerre mondiale, attendait en France depuis 1973 de pouvoir se faire inhumer en Pologne. Ce matin, un dernier hommage lui a été rendu à Brest, ainsi qu’à son épouse, sur une frégate polonaise. Le navire rejoindra la Pologne pour une dernière cérémonie d’obsèques nationales.

    « La marine de la république de Pologne attendait ce moment depuis longtemps », souligne Mateusz Szpylma, président adjoint de l’Institut de la Mémoire nationale polonaise, présent pour la cérémonie, à Brest.

    Ce mardi matin, à l’arsenal de Brest, porte Cafarelli, de nombreux haut gradés militaires, français et polonais, ainsi que des hommes politiques des deux pays et la famille des défunts, Jozef et sa femme Zofia Unrug, se sont réunis sur la frégate Tadeusz Kosciuszko.

    Un immense drapeau rouge et blanc flotte au vent, alors qu’un couple de sonneurs du bagad de Lann-Bihoué ouvre la cérémonie. « Cet homme, c’était leur Charles de Gaulle en Pologne, explique le capitaine de frégate et porte-parole du préfet maritime, Akhoune Riaz. Il a marqué l’histoire polonaise récente. »

     

     

    Jozef Unrug a vécu selon ses convictions. Né en 1884 à Brandebourg dans l’Empire Allemand, il appartient à une famille d’origine polonaise. Il combat d’abord au sein de la Marine de l’Empire Allemand durant la Grande Guerre. Quand la Pologne devient indépendante en 1918, il y débute son service, et en devient commandant en chef en 1925, jusqu’à la défaite de Hel en 1939 face aux nazis.

    Au début de la Seconde Guerre mondiale, il prend le poste de commandant en chef de la Défense de la côte de Hel, au nord de la Pologne. La zone devient un des lieux de résistance les plus acharnés durant la campagne allemande de septembre 1939.

    Après des longs combats, l’amiral est capturé par les Allemands, qui tentent de l’enrôler comme haut commandant. Inflexible, il réclama toujours un interprète durant ses échanges avec eux, déclarant : « J’ai oublié la langue allemande le 1er septembre 1939. » Son attitude lui vaut de passer la guerre dans les oflags, abréviation d’Offizier-Lager, « camps d’officiers » destinés aux prisonniers de guerre.

     

    À la fin du conflit, le gouvernement britannique lui attribue une retraite, qu’il refuse, solidaire des centaines de milliers de soldats polonais ayant combattu aux côtés des Alliés mais privés de ce privilège. Choisissant de ne pas rentrer dans une Pologne gouvernée par les communistes, il décide de vivre à l’étranger, et arrive en France en 1958. Le couple s’installe à Lailly-en-Val près d’Orléans. À leur mort, ils sont inhumés au cimetière de Montrésor.

    Le testament de Jozef Unrug exprime sa volonté de reposer en Pologne aux côtés de trois autres capitaines de vaisseaux lors de la Seconde Guerre mondiale, ses frères d’armes. Ceux-ci sont exécutés en 1952, par la nouvelle administration communiste, puis réhabilités en 2017.

    « Les communistes avaient caché les lieux d’inhumation de ces commandants. C’est il y a neuf mois à peine, le 16 décembre 2017, que nous avons pu les inhumer », explique Mateusz Szpylma.

    « Ils partent pour leur dernière croisière, et réalisent ainsi le testament de l’amiral », développe Dariusz Gwizdala, ministre, directeur adjoint du bureau de la Défense nationale polonaise.

     

    Ouest France

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