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  • 8 octobre 2018

    Le Président de la République de Pologne, Monsieur Andrzej Duda rendra hommage, en présence de Rescapés juifs, à un diplomate polonais qui sauva plus de 800 Juifs lors de la Seconde Guerre mondiale.

    Entre 1942 et 1943, Konstanty Rokicki, consul de Pologne à Berne, aidé de ses collaborateurs du Groupe dit de Ładoś, contribua à sauver du génocide environ 800 Juifs originaires des Pays-Bas, de Pologne, d’Allemagne, d’Autriche, de France, de Slovaquie et d’autres pays d’Europe. Une vingtaine de personnes appartenant à ce groupe sont encore en vie. Le 9 octobre prochain, à Lucerne, une nouvelle stèle sera inaugurée sur la tombe du consul Rokicki. Le Président de la République de Pologne, Monsieur Andrzej Duda et un groupe de quelques dizaines de personnes, des Rescapés, leurs familles et les descendants des personnes ayant sauvé des Juifs prendront part à cette cérémonie.

     

    Konstanty  Rokicki, ex-consul de Pologne à Berne, mort dans l’oubli en 1958, falsifia de sa main pendant la Seconde Guerre mondiale plus d’un millier de passeports paraguayens. Ces documents ont permis de sauver de la mort 800 personnes, Juifs européens, condamnés en masse, par la décision des Allemands d’appliquer « la solution finale de la question juive ». Le procédé du Groupe consistait à acheter, au moyen de pots-de-vin, des passeports in blanco, établis ensuite aux noms des Juifs transmis à Berne par les organisations juives en contact avec les mouvements de résistance dans les ghettos.

    Les supérieurs de Rokicki, Aleksander Ładoś, ambassadeur de la République de Pologne en Suisse et son adjoint Stefan Ryniewicz, étaient au courant de son action. Ce sont eux qui en ont assuré la protection diplomatique et qui ont convaincu les autorités suisses, pays neutre, de ne pas empêcher ce procédé illégal. Parmi les autres personnes impliquées dans cette action, il faut citer Juliusz Kuehl, docteur en sciences économiques d’origine juive, responsable des contacts avec les organisations juives ainsi que les représentants du Congrès juif mondial, le dr Abraham Silberschein, et de l’organisation religieuse Aguda Israël, le rabbin Chaïm Eiss, qui faisaient acheminer illégalement ces documents dans les ghettos.  

     

    Ces passeports ont permis à leurs titulaires de prétendre d’être des étrangers – ce qui les a préservé de la déportation dans les camps d’extermination. Ils furent installés dans des camps et sous-camps d’internement. Ainsi nombreux furent ceux qui survécurent, d’autant plus que, suite à l’intervention du gouvernement polonais de Londres, le Paraguay et quelques autres pays d’Amérique Latine reconnurent, à titre temporaire, les passeports établis par le consul Rokicki.

     

    Durant des années L’histoire du consul Rokicki et de ses collaborateurs fut peu connue. Des détails à ce sujet virent le jour à l’occasion de la publication ces dernières années, entre autres, de documents de la police suisse jusqu’alors tenus secrets. Il en ressort que les autorités helvétiques soupçonnaient que les passeports paraguayens étaient l’œuvre du consul polonais. Ces suppositions ont été confirmées vers la fin 2017 par une note écrite de la main de Rokicki, retrouvée à l’Ambassade de Pologne à Berne, et dont le style d’écriture répond à celui retrouvé sur les passeports conservés.

     

    Les premières études de la liste dite de Ładoś, sur laquelle figurent les noms de tous les titulaires de passeports falsifiés, menées par les diplomates polonais, l’Institut Pilecki avec l’aide de l’Institut historique juif, de l’Institut de la mémoire nationale et du Musée National d’Auschwitz-Birkenau, ont permis d’établir que parmi les rescapés identifiés jusqu’à ce jour, se trouvaient des citoyens venus des Pays-Bas, de Pologne, d’Autriche, de France, de Slovaquie et quelques autres pays. Une vingtaine de personnes rescapées est encore en vie aujourd’hui.

     

    On trouve parmi eux le premier rabbin des Pays-Bas, une amie d’Anna Frank et plusieurs professeurs d’universités israéliennes. Des passeports paraguayens ont été fournis également aux dirigeants de l’insurrection des ghettos de Będzin et de la résistance juive en Slovaquie,  ainsi qu’à plusieurs Juifs, ayant rédigés ultérieurement des mémoires.  On sait que des années après les événements évoqués, l’un des rescapés trouva la mort lors de la guerre d’indépendance d’Israël. Sur l’un des passeports figure le nom du dr Leon Rothfeld, et de sa famille, dont l’un des membres fut Adam Rotfeld, futur ministre polonais des Affaires étrangères.

     

    La cérémonie au cimetière de Lucerne aura lieu le 9 octobre 2018 à 14h00. Le Président de la République de Pologne, Monsieur Andrzej Duda, déposera une couronne sur la stèle reconstruite. Ensuite, les rescapés, leurs familles et les descendants du Groupe de Ładoś, ainsi que des représentants du Ministère des Affaires étrangères, du corps diplomatique, de la communauté juive de Suisse et des membres de la communauté polonaise rendront à leur tour hommage au consul Rokicki.

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